J’ai donc quitté Garden City et Truman Capote ce matin, direction Denver. Comme j'étais au fin fond du Kansas, la grande partie du trajet devait se faire par la nationale. Ce fut une très bonne journée de route.
Je suis donc passé au Colorado et déjà, l’Ouest Américain est perceptible. Dans la végétation d’abord, de plus en plus aride et ensuite dans l’architecture des petites villes (anciennes villes de pionniers) qui rappellent les westerns. Ce qui frappe le plus c’est l’immensité. Dans le Middle West, on traverse des champs cultivés. Là, ce sont de grandes plaines sans trace de civilisation (aucune maison, aucun village, aucune route) et qui s’étendent jusqu’à l’horizon. Ce n’est pas la première fois que je roule aux États-Unis mais à chaque fois, cette immensité me fascine. C’est quelque chose qu’on ne voit jamais en Europe.
Dès mon entrée dans le Colorado, j’ai commencé à voir des villes fantômes (ou tout près de l’être). Les routes que j’ai empruntées étaient quasiment vides. Je me suis arrêté dans une vieille station service à Eads, abandonnée depuis au moins vingt ans. Je suis rentré pour prendre une série de photos. Et sur ces vieilles pompes, il y avait ce trophée sportif de 1984, oublié là.
Ce soir, je suis à Denver et c’est un autre monde. Une ville avec un vrai centre. Les gens marchent, font du footing, il y a des vélos partout, les terrasses sont bondées. Les bus en centre ville sont gratuits et fonctionnent avec des moteurs hybrides (bio éthanol / électricité). Et il y a même des pianos publics un peu partout dans la rue principale (petite pensée pour ma sœur qui adorerait). Du coup, les gens qui savent jouer jouent et les autres chantent. Encore un autre visage de l’Amérique. Je vais y rester un peu…
Sinon, petite anecdote linguistique. Je suis arrivé ce soir au motel et j’ai demandé « Have you got a single room ». La fille me regarde. Je répète et là, elle me dit : « A Singer ? » « No a single room » et de nouveau, avec des grands yeux : « A singer ? ». C’était insupportable. Elle bosse dans un motel… J’ai donc répété, « No a ROOM for me, A ROOM !!! » Et elle a fini par comprendre… C’est très curieux cette histoire d’accent. Avec le garagiste, on se comprenait très bien. Mais demander une single room dans un Motel est parfois bien compliqué…
Point route : 4800 kilomètres parcourus et deuxième fuseau horaire passé aujourd'hui. J'ai désormais deux heures de décalage avec New York. Et toujours pas de GPS (alors ça c'est un truc que les américains ne comprennent pas : faire une traversée des États-Unis dans GPS). Mais j'ai ma carte Michelin monsieur !






